Étiquette
L'étiquette professionnelle désigne un ensemble de comportements attendus dans un environnement de travail. Bien qu'il n'existe aucune règle officielle définissant précisément ce qui la constitue, les professionnels chevronnés sont néanmoins tenus d'adopter ces attitudes.
L'étiquette professionnelle est le prolongement de la politesse générale et de la courtoisie élémentaire. Par exemple, il est d'usage d'exprimer sa reconnaissance en disant « s'il vous plaît » lorsqu'on sollicite quelque chose, « merci » lorsqu'on le reçoit, et de présenter des excuses lorsqu'on commet une erreur. Cependant, ces formules sont devenues tellement galvaudées qu'en milieu professionnel, elles sont souvent perçues comme banales, convenues, voire passives-agressives.
Considérons par exemple la formulation suivante : « Je suis désolé que vous pensiez manquer de temps, mais si vous pouviez s'il vous plaît me transmettre les rapports d'ici lundi, je vous en serais reconnaissant, merci. » Si cette phrase se veut polie en théorie, elle s'avère en pratique particulièrement discourtoise.
Au lieu d'aligner mécaniquement des formules de politesse, il serait plus judicieux de dire : « Je n'ai pas fixé d'échéances réalistes pour la remise des rapports, et j'en assume la responsabilité. Dites-moi s'il est envisageable de les finaliser pour lundi et, si oui, comment je peux vous aider. »
Un autre aspect de la politesse quotidienne qui s'intègre à l'étiquette professionnelle réside dans le simple geste de saluer les personnes que vous connaissez déjà et de vous présenter à celles que vous rencontrez pour la première fois.
Par exemple, si vous croisez un collègue dans un couloir accompagné d'une personne inconnue, établissez le contact visuel avec les deux en approchant, adressez-leur un sourire et un signe de salutation, dites « Bonjour », puis tournez-vous vers la personne que vous ne connaissez pas en disant : « Bonjour, je m'appelle Sam. Comment allez-vous ? », tout en lui tendant la main.
La poignée de main est une tradition internationale incontournable dans les salutations professionnelles et doit être proposée, dans la plupart des cas, pour saluer ou se présenter. Toutefois, réussir une bonne poignée de main relève d'un art qui exige une certaine pratique.
Une poignée de main réussie se décompose en cinq étapes : l'Amorce, le Contact, la Prise, le Mouvement et le Relâchement.
Initier une poignée de main consiste simplement à tendre une main ouverte, le pouce vers le haut, légèrement au-dessus de la taille. Si votre interlocuteur ne répond pas à votre geste en levant la main à son tour, retirez la vôtre en la baissant et en la refermant, puis adressez-lui un simple sourire accompagné d'un hochement de tête.
Le contact s'établit lorsque les mains se touchent pour la première fois : la commissure située entre l'index et le pouce doit venir s'emboîter fermement contre celle de l'autre personne. L'essentiel est de ne pas heurter la main d'autrui ni de la contraindre à rejoindre votre main immobile, mais de faire en sorte que les deux mains se rencontrent à mi-distance — le point de contact ne doit être ni trop proche de vous, ni trop éloigné de votre interlocuteur, et inversement.
Aussitôt après le contact intervient la prise. Si le contact initial est réussi, les deux paumes doivent déjà se toucher, de sorte qu'en se refermant, votre main enveloppe la paume adverse et non ses doigts. Gardez la paume ferme afin qu'elle ne soit pas écrasée par l'étreinte de l'autre personne, faute de quoi vous donnerez ce qu'on appelle une « poignée de main molle », particulièrement désagréable. Dans la mesure du possible, adaptez votre force à celle de votre interlocuteur. S'il serre la main avec légèreté, faites de même. S'il serre fermement, répondez de manière équivalente, en veillant à ce qu'aucune des deux mains ne soit écrasée. Veillez également à ne pas attirer la personne vers vous ; maintenez les mains à égale distance entre vous deux — ni trop loin, ni trop près.
Le mouvement de la poignée de main peut aller d'une oscillation vigoureuse de haut en bas à une quasi-immobilité. Efforcez-vous de suivre l'impulsion de l'autre personne : si elle imprime un mouvement vertical, suivez-le ; si elle reste immobile, restez-le également.
Le relâchement — le moment où vous cessez de serrer la main et libérez votre interlocuteur — doit intervenir dès que vous sentez sa prise faiblir, car une poignée de main trop courte est toujours préférable à une poignée de main trop longue. Si vous avez le sentiment que le geste s'éternise, prenez l'initiative de relâcher la prise.
L'enchaînement de ces étapes doit se faire de manière quasi instantanée, pour ne former qu'un seul geste fluide et continu. Avec la pratique, cela deviendra un réflexe naturel et une compétence particulièrement précieuse tout au long de votre carrière, notamment lors d'événements de réseautage professionnel ou de rencontres avec des clients.
Au-delà de l'usage judicieux des formules de politesse, des salutations d'usage et de la maîtrise de la poignée de main, l'étiquette professionnelle exige également de la bienveillance envers vos collègues. Cela implique de reconnaître leur présence et leurs réussites, de mesurer l'impact de vos actes sur leur travail et de respecter leurs biens, leur vie privée ainsi que leur espace personnel.
Reconnaître ses collègues se traduit par des comportements tels que : leur souhaiter la bienvenue en réunion, les féliciter lorsqu'ils franchissent une étape importante et soutenir leur regard lorsqu'ils s'adressent à vous.
Par exemple, lors d'une réunion annonçant la promotion d'un collègue, applaudissez lors de l'annonce, puis, dès la fin de la rencontre, allez le voir individuellement, tendez-lui la main et dites : « Félicitations pour votre promotion ! »
Faire preuve d'égards envers ses collègues consiste notamment à ne pas leur couper la parole lorsqu'ils s'expriment, à ne pas les déranger pendant leur travail et à éviter toute nuisance sonore lorsque quelqu'un tente de se concentrer.
Par exemple, si vous savez qu'un collègue s'efforce de respecter une échéance serrée, il serait indélicat de tenir une conversation bruyante à ses côtés ou de l'interrompre avec des questions alors qu'il est manifestement absorbé par sa tâche. Laissez-le plutôt travailler au calme et envoyez-lui un courriel ou un message pour lui demander de vous indiquer quand il sera disponible pour répondre à quelques questions.
Le respect des biens d'autrui, de son intimité et de son espace personnel est un principe que l'on peut facilement perdre de vue, particulièrement au sein d'un environnement de travail collaboratif.
Par exemple, si vous souhaitez collaborer avec un collègue et que vous vous avancez vers son bureau pour vous asseoir sur le bord de sa table, déplacer ses effets personnels afin de vous faire de la place, vous pencher vers lui au point de le frôler et jeter un coup d'œil à sa boîte de réception, vous enfreindriez simultanément le respect de ses biens, de sa vie privée et de son espace personnel. Demandez-lui plutôt s'il dispose d'un moment et, si c'est le cas, demandez-lui si vous pouvez approcher une chaise. Asseyez-vous ensuite à une distance suffisante pour préserver son espace personnel, tout en résistant à la tentation de regarder son écran.
En appliquant les règles de l'étiquette professionnelle et en faisant preuve de courtoisie et d'égards au quotidien, vous montrerez l'exemple et inciterez votre entourage à faire de même, contribuant ainsi à un environnement de travail plus harmonieux et plus productif.